Illustration ci-dessus : les deux nouvelles pompes haute pression actuellement en service à la station de Courtemaîche.

 

Le SEHA renouvelle actuellement les trois pompes haute pression de sa station de pompage et de traitement de Courtemaîche. Un investissement majeur destiné à renforcer la sécurité de son approvisionnement en eau tout en améliorant sensiblement l’efficacité énergétique de l’installation.

« Le château d’eau de l’Ajoie »

Raphaël Riat, du bureau d’ingénieurs RWB et consultant du SEHA, décrit la station de Courtemaîche comme un endroit capital : « C’est le château d’eau, on va dire, pour l’Ajoie et le district de Porrentruy. C’est stratégique. »

La station est alimentée par quatre puits qui pompent l’eau dans la nappe phréatique de la plaine de Courtemaîche.

L’eau y est ensuite traitée. La station dispose de deux lignes de traitement avec trois traitements différenciés pour rendre l’eau potable.

Une fois traitée, l’eau est refoulée par les pompes haute pression jusqu’au réservoir du SEHA à Bure, situé à environ 6 km de conduite de la station.

Des interconnexions dans plusieurs directions

Depuis le réservoir du SEHA à Bure, les interconnexions permettent d’acheminer l’eau dans différentes directions : vers Boncourt et Buix, Courtemaîche et Courtedoux, ainsi que vers la Haute-Ajoie, par la jonction de Chevenez, notamment en direction de Chevenez, Rocourt, Damvant, Roche-d’Or, Grandfontaine et Fahy.

Une interconnexion existe également avec le SIDP à Porrentruy. Depuis le réservoir du SEHA, l’eau peut également être acheminée par l’autoroute jusqu’à Boécourt.

« Avec les interconnexions, on peut alimenter quasiment tous les ménages ajoulots en eau. »
— Raphaël Riat

Pourquoi remplacer les pompes ?

Le pompage en place datait déjà des années 1950.

Début 2025, le variateur de fréquence est tombé en panne. Puis, dans le courant de l’été, le moteur de l’une des pompes est également tombé en panne. Une ligne s’est alors retrouvée hors service.

Il a fallu lancer rapidement un appel d’offres pour remplacer les 3 pompes haute pression (+ de 23 bars). Le débit des nouvelles pompes peut osciller entre 105 et 186 m3/h.

Ces équipements sont imposants : une pompe pèse environ 2 tonnes et mesure 3,30 mètres de long. Leur fabrication demande six à sept mois de délai.

Le dossier a donc dû être monté dans l’urgence dès septembre 2025, afin d’être opérationnel durant l’été et prêt à refouler l’eau  jusqu’au réservoir du SEHA, notamment avec la sécheresse qui est arrivée.

Trois nouvelles pompes de 110 kW

Les anciennes pompes avaient une puissance de 250 kW. Elles sont remplacées par trois pompes de 110 kW.

Cette nouvelle installation permet de travailler de manière plus flexible au niveau des débits.

Les pompes ont également été dimensionnées pour fonctionner avec le champ solaire du SEHA, installé en 2023 et d’une puissance de 310 kW crête.

Les rendements et les performances du pompage ont été améliorés. Sur ce projet, l’économie d’énergie est estimée entre 15 et 20 %.

Le pompage, gros consommateur d’électricité

La consommation électrique se situe entre 800’000 et 900’000 kWh par année, avec des factures qui oscillent entre 10’000 et 15’000 francs par mois.

Le pompage est le gros consommateur de la station.

Le champ solaire permet de réduire d’un bon tiers environ la consommation électrique de la station. Rapportée en francs, cette réduction représente une économie d’environ 75’000 à 80’000 francs par année.